samedi 25 juin 2016

Dans la série des 1er... la suite avec l'Ironman Nice - By Carine R.

Déjà 3 ans que j’ai fais mon entrée dans la famille des Triathlètes avec le Half Ironman d’Aix et me voilà partie pour l’Ironman de Nice cette année...

Une aventure qui commence à faire son chemin après une participation en tant que spectatrice avec les larmes aux yeux à chaque passage d’athlètes sur la ligne d’arrivée (ca fait beaucoup de larmes…) puis bénévole l’année dernière où j’ai pu encourage en live tout les UASG, il fallait bien que je passe de l’autre coté de la barrière et 2016 était dans ma tête.. Une inscription tout azimut dès le lendemain de L’IM 2015. Le plus dur c’est d’appuyer sur le bouton ! ça y est mon aventure commence là...

Maintenant la question c’était mais comment on s‘entraine pour un Ironman ? Autant je connais par cœur les entrainements marathon mais Ironman hum…. Je me connais j’ai besoin de structures, et rapidement l’idée de prendre un coach s’est imposée. Déjà ça va me rassurer et j’aurais un programme dédié. Et voilà c’est partie !

Très vite je comprends que s’entrainer à vélo sur Paris ca va pas être facile : Janvier, Février, Mars, les pires mois sur la région parisienne. J’investie très vite dans un Home Trainer au moins pour démarrer et le we direction le sud pour mes sorties longues. J’avoue j’avais un avantage de taille avec Flo qui vit là bas…

L’entrainement à vélo et natation se passe plutôt bien mais ce n’est pas du tout pareil pour la CAP. Ma douleur à l’ischio que je traine depuis 2015 et une nouvelle douleur qui apparait 3 semaines avant le marathon de Tokyo, je ne le sens pas bien du tout. Une fois rentrée du Japon, il fallait bien que je trouve ce que j’avais. La douleur ne disparaissait pas.Et Bingo le verdict tombe : Début de périostite. Arrêt complet de la CAP pour ne pas que ca tourne en fracture de fatigue. Tout s’écroule, ca ne peut pas arriver maintenant, si prés du but !!! Apres une baisse de moral, je me reprends et je me mets à fond sur le vélo et la natation. Je me soigne entre kiné, et massages. Je ne reprendrais la CAP que sur le LD de Cannes mi-avril. 16km en mode trottinette mais au moins pas de douleur ! Super !! Je reprends petit à petit mais je sais que je ne ferais pas d’éclat sur le marathon de l’IM. L’objectif, finir…

J-3, ca y est j’y suis presque. Je descends le mercredi soir histoire d’être tranquille sans stress. Mais à J-1 une contracture se déclenche sur mon quadri gauche. J’avais vu la veille que l’on pouvait se faire masser sur le village. Je tente et j’en ai profite pour me faire poser un tap sur mon ischio gauche et ma périostite.

Voila psychologiquement ca va aller beaucoup mieux ! Enfin c’était sans compter l’angoisse des méduses et le départ de la natation même si cette année il se fera en rolling start et bien-sûre la météo, ma bête noire...

Normalement le temps devrait tenir pour la course, mais je dépose le vélo sous la pluie.. Bon ca part mal…et la mer qui va se refroidir…au secours… mais pourquoi ils ont avancé la date de l’IM ???? hum... j’ai ma petite idée...

Retour hôtel (là, j’ai pas voulu me mettre un stress inutile le matin en faisant la route Cannes-Nice no way !!!)

Je peux dire que ca faisait longtemps que je ne m’étais pas couchée aussi tôt : 20h DODO !!!.Enfin couchée mais dormir ben c’est pas trop ça.. Réveil à 3h pour déjeuner avant un départ à 6h30 , pas envie d’être en vrac dans l’eau. Le temps ? Chouette, il ne pleut pas et le ciel est couvert mais ca va tenir !!!

Ca y est l’heure arrive, c’est partie. Arrivée dans le parc à vélo à 05h15. Je me dis j’ai le temps, je vais pouvoir me chauffer.

Flo me quitte à l’entrée du parc. Ca y est je suis seule au monde, dans ma course au milieu de 2480 gugus.. Purée j’y crois pas.. J’y suis pour de bon  !! C’est plus un rêve !!

Mais 1h c’est très court en fait : Vérifier les pneus, mettre sa combie et surtout la pause technique. La c’est le cauchemar. Il y a un monde de fou, ca n’avance pas. L’heure tourne, on doit sortir du parc à vélo et toujours pas fais ma pause. L’échauffement, c’est mort.. Je sors du parc à vélo et je me dirige de suite dans mon sas. 1h16, je me dis c’est pas mal déjà !

L’angoisse monte avec ce départ que je ne connais pas et les méduses que je risque de rencontrer en plus ! Quelle surprise.. Je me lance avec 5 autres athlètes dans l’eau et personne ne me monte dessus ou me bouscule. Je crawle d’entrée de jeu (chose que j’ai encore du mal, à faire en début de course) et l’eau ; même pas froide, super !! Bon ben 3.8km maintenant ! J’avance bien, je n’en reviens pas ; je ne m’arrête pas une seconde, j’ai presque fini la 1ere boucle. Heureusement qu’il y a des mecs devants moi, je ne comprends plus rien au parcours, je suis le mouvement. J’attaque la 2eme boucle et je commence à avoir froid, pas cool. J’ai hâte de finir maintenant. Ca y est j’y suis presque. Je sors, quelques minutes sous les douches pour me débarrasser du sel sur le visage et je n’étais qu’au début de ma transition.

J’ai super froid, je courotte, je vois Flo qui m’encourage. Lui pendant ce temps là, il est en carrée VIP et c’est envoyé un mega petit dej, ca va bien pour lui...

Je trouve mon sac de suite cette fois (référence à Aix ou je ne le trouvais plus) mais j’ai froid et je n’arrive pas à me réchauffer ; Puis pause technique avant le vélo indispensable et me voilà partie. Ce n’est qu’après que j’ai vu mon temps en T1. Je crois que j’ai un nouveau record encore une fois !!

Flo est sur son scout. Il va être mon supporter vélo pendant toutes ces heures (j’ai de la chance...).

Je suis super concentrée, pas de pluie, super ! 1ère côte, mais je la connais et je ne m’emballe pas. Je vois des athlètes à coté de leur vélo quand même ! Mais moi j’y vais cool, je sais qu’elle n’est pas longue et après ça monte progressivement. J’ai la forme, j’ai des jambes qui tournent toutes seules, je ne fais que doubler, c’est bon pour le moral ! Flo m’encourage, je suis dedans ; je lâche rien. Puis viens Gourdon, bon forcement là, je monte moins vite mais j’essai de garder un rythme régulier ; puis Col de l’Ecre, cette montée, je ne l’aime pas mais finalement elle passe bien. Arrivée au somment arrêt technique plus petite pause ravito. C’est la délivrance. Je sais que je vais me faire plaisir sur la descente et le plateau de Caussol et toujours pas de pluie, cool !!

Mais ca ne sera que de courte accalmie. La pluie arrive et là ce sont des trombes d’eau qui me tombent dessus en attaquant la grande descente de 10km. Donc descente+pluie = mode tortue pour moi !!! Sans compter le froid.. Bref ça dure toute la descente, puis ca s’arrête mais il y aura encore 1 ou 2 épisodes de pluie sur le parcours. Malgré le froid j’ai toujours des jambes de folie.. Il reste 30km et j’ai fini le vélo.

Flo me dit de ralentir le rythme pour ne pas commencer la CAP avec des jambes comme des poteaux. Mais chose pas fréquente, sur la portion finale du retour, où il y a toujours du vent de face, rien ou très peu.. Alors je fonce un peu quand même. J’arrive sur la promenade et plus que quelques mètres avant de poser le vélo. T2 sera aussi une transition non optimisée. J‘ai besoin de reprendre mes esprits, de me poser quelques minutes, de manger avant d’attaquer les 42 km qui vont être long !!

En sortant de la transition, musique, foule et Flo avec des amis qui m’encouragent. Déjà pleins d’émotions qui me viennent et je ne fais que commencer la CAP ; ça me donne des ailes. Les 2 premiers tours je suis super régulière, génial, pas de douleurs, pourvue que ca dure et la foule toujours présente qui m’encourage à chaque tour. J’ai failli ne pas avoir mon 1er chouchou, la fille m’a vu au dernier moment. Les km s’affichent. Je passe 3 fois devant le panneau 40km qui me nargue à chaque tour et que je maudit !!!

3ème tour… Je vois Stéphane et Grigory, on s’encourage. A ce moment là, mes jambes commencent à me dire que ça fait beaucoup, coup de moue. Je ralentie, m… ça commence à tirer. Je décide donc de marcher à chaque ravito pendant quelques minutes pour m’étirer et repartir. Sorti de nulle part, Flo qui arrive en scout.. Ca fait du bien de le voir car au bout du parcours, vers l’aéroport, on se sent un peu seul…

Mon 3eme tour est un peu laborieux mais je continue à boire et à m’alimenter pour éviter d’avoir des crampes et une hypo. Je me force, je cours entre chaque ravito, je tiens et enfin j’ai mon 3eme chouchou !!

Une pensée saugrenue me viens qui me fais dire que je vais la passer cette finish line et que c’est moi cette fois qui vais le narguer ce panneau 40km !!!!

Je commence à avoir les larmes aux yeux quand j’entame les quelques mètres qui me restent.

Toute cette foule dans les gradins, l’arche qui s’approche, les cries de joie, les applaudissements et Flo que je vois derrière la ligne, je passe ça y est je suis IRONWOMAN ca y est !!!! Je l’ai fait J’ai réussi cet exploit  qui me paraissait tellement inaccessible il y a encore quelques mois…


Flo me remet la médaille, je tombe dans ces bras. J’ai des émotions que je ne peux pas encore expliquer aujourd’hui..je sais juste que cette devise « anything is possible », je la kiffe !!!!

J’ai eu que du plaisir sur cette course du début à la fin mais si parfois il y a eu des moments difficiles.

13h 28 au final avec mes 2 super transitions de 18min et 12 min qui m’ont couté quelques minutes sur mon temps global. Il y a un gros poste d’amélioration c’est sûr !!!

1h25 à la nat, 7h 10 au vélo (avec 6 min de pause technique + ravito), 4h22 à la CAP (avec une pause technique au 3eme tour sinon l’allais exploser !!) Quelle course !!! Wahou…. Je suis aux anges d’avoir fini avec le sourire et je pense déjà à l’année prochaine oui oui déjà…..



1 commentaire:

  1. Bravo Carine pour toute cette émotion et cette super course ! Il ne doit quand même pas y en avoir tant que ça des femme "Ironman" à l'UASG... Au fait, Guillaume, ça existe des stats du club par âge etc ?
    Chapeau de déjà penser refaire un IM !!

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