lundi 26 août 2013

IronMan Copenhague 2013 en 9h56 - Quand ça ne veut pas...



Allégé de 1100 € dans ma chambre de Zurich, je peaufine mon prochain défi dans 3 semaines. Le principal défi va être de maintenir un état de forme satisfaisant, sachant que je viens de laisser passer une chance qui ne se représentera peut être plus.
Ce sera donc une semaine de reprise, une de surcharge et une dernière d'affûtage. Cette préparation fut une catastrophe absolue. Rien dans les jambes, je me traîne à vélo et en càp. Ne parlons pas de la natation, je prie pour que la piscine de Cabourg fasse 30m au lieu de 25m vu la tête de mes chronos. Tout au mental !
Pour couronner le tout, suite à ma chute à Zurich j'ai super mal à mon tendon d'achille droit. Je pense que ma cheville a du tourner. Bref.

Je retourne de vacances à mon domicile parisien pour préparer mon déplacement de 3 jours à Copenhague. Le lendemain posé dans l'avion j'aperçois la valise de vélo et mon sac de sport qui s'aprêtent à être chargés dans la soute. Le pilote annonce le départ imminent quand je vois mes bagages repartir vers l'aéroport accompagné d'autres... qu'est ce qu'ils font ces abrutis. Elle n'est pas assez visible ma valise de 2m x 2m ? j'enrage. Les hôtesses me rassureront en disant que tout arrivera à bon port soit le soir ou le lendemain dans le pire des cas. Ca y est, la tuile...
J'arrive sur place en allant à la réclamation bagages. Ils sont annoncés dans 2 vols séparés (tant qu'à faire) pour la soirée. Mwais, j'attends de voir. Je stresse comme un malade car j'ai peur qu'ils arrivent après le check in bike ou pire qu'ils se perdent.
J'en profite pour aller chercher mon dossard et assister à la pasta party avec de bonnes pâtes bien froides... pour une première, c'est moyennement réussi !
Finalement je les recevrai le vendredi vers minuit à mon hôtel. Ouf tout y est. Ca me permettra de passer une bonne nuit.

Le lendemain, je n'ai toujours rien dans les chaussettes lors du déblocage. Il pleut. J'attends que la route soit un minimum sèche pour m'entraîner car j'ai passé 2 heures à tout nettoyer, y compris la terre lors de ma chute à Zurich.

M'enfin faut y aller. Cette fois ci l'eau est à 19°C, limite tropical comme nous annonce le speaker ! C'est sûr que ça change des 26°C d'il y a 3 semaines en suisse.

J'ai des enclumes dans les épaules et essaie de les faire tourner autant que possible pour être bien chaud. Le départ se fait par GA et le mien part à 07:15 juste derrière les féminines et les pros.
Après le coup de pétard les 350 compétiteurs de ma catégorie s'élancent dans la mer. Quelques coups pleuvent ma ça va. Les danois sont corrects ! Impossible d'avoir la moindre sensation correcte. C'est long, je m'ennuie, quelle galère. Néanmoins, je tente de m'appliquer un minimum, mais j'ai peur du chrono.
Finalement je termine en 1h02 à ma grande surprise. Trop cool car la distance y est bien cette fois. Ca me regonfle le moral car j'ai eu peur de la catastrophe.
T1 est un peu loborieuse car j'y passerai 4'30. Du mal à retirer ma combi et la remettre dans le sac de transition.
Je suis à ce moment là 49ème de ma catégorie. Mwais, j'ai encore des progrés à faire...Et surtout j'ai 1'10 de retard sur le premier français qui vise la qualif à Hawaii. Je me fixe comme objectif de le rattraper avant l'explication finale sur le marathon.

Allez c'est parti pour le vélo. Cette fois les jambes répondent direct. Cool. Ca va aller vite le long de la mer. En effet je vais boucler les 40 premiers km en 59 minutes. Sauf qu'il faudra également faire avec le vent contre et ses bourrasques qui me seront défavorables à cause de mon poids plume. Le parcours prend suite dans la campagne danoise avec ses petites montées et descentes qui ne sont jamais bien méchantes. Les 90km sont avalés en 2h24. Au 93ème je suis remonté à la 21ème place de ma caté et ne suis plus qu'à 50 secondes de mon petit copain français du BMT. Avec un peu de chance, il va commencer à être dans le dur... 



Les sensations sont toujours excellentes, je bois comme un trou, prends un gel toutes les 30min et m'avale une 1/2 banane toutes les heures. Par contre je ne remonte plus grand monde, donc soit ceux de devant sont bien plus forts que moi ou bien il n'y en n'a plus beaucoup.
Au km 140 j'ai encore réduit l'écart à 40 secondes sur le premier français et suis remonté à la 15ème place. Je continue mon petit bonhomme de chemin quand j'entends une petite explosion qui n'augure rien de bon.

Je prie intérieurement pour que ce soit quelqu'un derrière moi. Rapidement, mon cadre va vibre. Aïe, crevaison, la première en 3 ans de triathlon, qui plus est en pleine bosse. C'est pas possible, le sort s'acharne sur moi. Bon, pas de panique, j'ai déjà imaginé cette scème des dizaines de fois. Hop je descends, passe sur le petit pignon et démonte la roue arrière. J'ai bien fait de ne pas trop mettre de colle sur le boyau car avec les mains moites et la pluie, je vais galérer pour le retirer. Grace au démonte pneu, je finis par en venir à bout. Hop je mets celui de remplacement en faisant attention à bien l'ajuster. 5min d'écoulées, ça va encore. Ensuite au tour du percuteur et la cartouche de CO2. Je tourne, tourne et rien. Les mains moites ? Non, malgré toutes les forces que je mets à la tourner, rien ne se passe. Je regarde l'aiguille sensée la percer, je me rends compte qu'elle est tordue. Tout s'effondre, je viens de comprendre que c'est fini pour moi. Pour la deuxième fois en 3 semaines, le destin s'acharne. A Zurich, c'était de ma faute d'avoir bêtement suivi une athlète, mais là qu'est ce que j'ai à me reprocher ?
Je m'assois donc sur le bord de la route en regardant un à un mes adversaires défiler. Puis les GA suivants, des gens en surpoids. Je demande aux arbitres que faire, mais la réponse est la même. Je dois attendre la moto de réparation... au bout de 20 min d'avance je commence à greloter et avoir très froid. La fine pluie et le vent commencent à avoir raison de moi. Je ne sais que faire. 30 min, rien. Un arbitre s'arrête. Il me prête son portable pour que j'envoie un message à ma femme pour lui dire de ne pas s'inquiéter. Et puis mes sauveurs arrivent quelques minutes plus tard : un couple de cyclotouristes qui me demandent des nouvelles. Je leur demande s'ils ont une pompe pour m'aider à repartir. Yes ils en ont une (mini !). Suffisant pour me permettre d'y injecter 2-3 bars pour repartir et éviter mon décès sur le bas côté en compagnie des hérissons et autres rongeurs.
Forcément, je dois repartir en pente et vais galérer. J'ai perdu mes jambes. Un peu embêtant pour combler les 37km restants. J'ai perdu exactement 40 minutes. C'est fini, mais cette fois, hors de question d'abandonner.


Et là, c'est le drame...


Certes ce sont 40 minutes. Certes, je ne ferai pas 4h50. Mais 4h50+0h40 ça fait 5h30. Donc voila mon prochain objectif, arriver à T2 en 5h30. Soit 1h pour boucler les 37km restants. Aaaaah, je n'ai même pas fait ce temps là lors de mon premier IM il y a 3 ans. Allez, je remonte des féminines, des gens en surpoids. Bof, ca titille la motivation. En plus je me fais doubler et j'ai deux poteaux qui appuient sur les pédales. Pourtant j'arrive au parc en 5h30 comme convenu et ai maintenu 37km/h de moyenne. C'est déjà ça. Sauf que je suis passé de la 15ème à la 199ème place de ma caté…

T2 se passe super bien, j'en profile pour aller aux toilettes car je ne suis plus à 2 minutes près. Hop je pars. La speakerine annonce "allez la France", "Allez Christophe". Ca me fait hyper chaud au coeur mine de rien car j'ai beaucoup ressassé cette dernière heure. J'ai retrouvé des super sensations et décide de prendre un risque en courant à 4'25-4'30/km au lieu des 4'40 prévus. Je vise désormais 3h15 au lieu des 3h20 prévus avec mon coach.
Je n'ai rien à perdre de toute façon et je tenterai de tenir jusqu'au semi à cette allure. J'ai vraiment d’excellentes jambes, c’est génial. Je me tate pour accélérer encore mais il reste pas mal de bornes. On verra vers le km 30 quand les jambes seront lourdes. Le marathon n’est jamais gagné d’avance, mais courir à cette allure, c’était inespéré. A chaque encouragement de la foule, les émotions me submergent. Que de regrets encore une fois… j'aurais tant aimé me battre pour être dans les 10 premiers.
Les km défilent à une vitesse délirante. Je prends un pied incroyable car je n’ai pas encore de sensation de fatigue. Je boucle les 10 premiers km en 44 min et le semi en 1h34. Trop vite, va falloir que je me calme ! Je rattrape la tête de course de mon GA, sauf qu’ils ont 1h d’avance sur moi ! 2 athlètes me suivent et me demande combien de chouchous j’ai au bras. Pas de panique les gars, vous allez bien plus vite que moi ! « Ok, you look good » me lancent-ils. “Good luck for the ranking guys” je leur réponds... C’est beau la fraternitude sportive…


 Les premières raideurs arrivent vers le 25km. Au km 30 ça commence à être sérieusement difficile musculairement. Pourtant au niveau physio tout est OK et les puls sont bien basses. Le vent et la pluie sont très utiles pour le parisien que je suis ! Pourtant il va falloir serrer les dents car pas question de tout perdre maintenant. C’est quoi 12 km restants après tout ? Je l’ai fait des tonnes de fois cette année ! Le plus dur sera au 33ème et 34ème km ou ma moyenne passera au-delà de 5’00/km. Ce sera la seul fois car je réussirai à trouver les ressources pour me relancer. Je passe la ligne d’arrivée en 3h16 (il manque 500m), super content car c’est un chrono complètement inespéré. J’aurai d’ailleurs le 11ème temps de ma caté. Et aussi la fierté d’avoir terminé car un IM n’est jamais anodin. De quoi atténuer ma déception.
Pour info, mon petit camarade que j'avais en ligne de mire en vélo fera 10ème en 9h12 et se qualifiera pour Hawaii au roll down.

Voilà comment s’achève la saison des IM pour moi. Un peu dégoûté de la tournure des événements alors que je n’avais jamais connu le moindre pépin en course jusqu’à aujourd’hui.
Pourtant je repars avec pas mal de certitudes. Non seulement je sais que je vaux 4h50 sur vélo, mais surtout je sais que je suis capable de courir un marathon « vite ». Reste à trouver la poupée vaudou et à faire une épreuve complète et non du fractionné.

Je retournerai à Zurich l’an prochain car le parcours est vallonné avec 1650 de D+. Il est clairement taillé pour mon gabarit. DE plus j’ai un coup à jouer car je serai meilleur et peut être plus chanceux. Je vais devoir gagner 5 minutes dans chaque discipline car finalement mon volume horaire de l’année n’est pas énorme.

Mes chiffres garmin depuis le 1er janvier :
Natation : 86,5 km
Cyclisme sur Route : 4101,67 km
Home Trainer : 1720,73 km
CAP : 1240,4 km

Total : 311h soit environ 9h25 par semaine

En attendant l'année prochaine, place à Sartrouville, l'Half de Royan et le Natureman avec la section. Et le second objectif de l'année, mon premier marathon sec à La Rochelle fin novembre


2 commentaires:

  1. Bravo pour autant de courage pour être allé au bout malgré les galères. Bon courage pour la fin de saison et peut-être à l'an prochain sur une course.
    Ermanno

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  2. Bravo, encore une fois, la preuve que le triathlon est un sport aussi mental !! N'ayant pas crévé en 1 an, j'avais crevé 2 fois à l'IM de Nice !!

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