mardi 25 juin 2013

CR IM Nice par Fabrice

Bon l’année dernière pour ma première année j’avais été bon élève, j’avais un CR après chaque course. Cette année un peu moins n’en ayant fait ni pour le stage ni pour Belfort alors il fallait bien que j’en fasse un pour mon premier IM. L’objectif de ce premier IM était de se faire plaisir et de valider 6 mois d’entraînement et pour ce qui est des chiffres l’objectif était de 13h au moment où j’ai débuté ma préparation et puis au fur et à mesure je me suis dit que si tout m’était favorable le jour J 12h20 (ce qui correspondait à la médiane du classement) était jouable.
Après une semaine à faire du jus et à attendre qu’une chose d’y être (les dés étant de toute façon jetés pour ce qui est de l’entraînement), me voici enfin arrivé à Nice le vendredi après-midi. Après être allé chercher mon dossard, nager une petite demi-heure dans la grande bleue, y croiser par hasard Emmanuel et Vincent, me goinfrer de pâtes avec Philippe, Romain et sa compagne, je vais profiter de ma dernière vraie nuit. Pas de stress…
Le samedi est une journée finalement sans beaucoup de temps morts, faire ses sacs de transition, manger de pâtes, sieste, re-vérifier ses sacs de transition, vérifier son vélo, re-re-vérifier ses sacs de transition, aller déposer son vélo au parc, re-manger des pâtes et allé se coucher. Sauf que le sommeil ne vient pas, toujours pas de stress, mais pas forcément évident de dormir si tôt et surtout beaucoup de mal à digérer le repas (David l’avait dit ne pas se goinfrer le dernier soir…) Le sommeil trouvé vers minuit, ça fait même pas 4h avant le réveil à 3h45…
Bon les soucis de la veille au soir se confirment, très difficile petit-déjeuner ça a du mal à passer Je n’avalerai pas la moitié de ce que j’avais prévu…L’inquiétude grandit… Aller c’est déjà l’heure de partir au parc.
Au parc, et bien ça y est le stress arrive enfin. Les gens préparent leur matériel, gonflent leurs pneus dans le silence, on sent qu’on y est enfin. Le stress est définitivement là ! Je retrouverai Florian et son frère Damien qui ne sont pas loin de moi dans le parc. C’est plus sympa de passer ces derniers moments avant le départ à plusieurs. Toujours pas moyen d’aller aux toilettes ni d’avaler quelque chose…
Voilà c’est déjà l’heure de se balancer à la flotte. Les pros sont partis 5 minutes avant nous, l’objectif est d’aller les chercher ;-) (même si Emmannuel a dû sortir de l’eau avant certains). Les premières minutes sont uniquement de la castagne mais au bout de 4 minutes on commence à avoir de l’espace et de pouvoir poser sa nage. Par contre, très surprenant par rapport à la petite baignade de vendredi il y a de la houle et du courant. Bordel, c’était pas prévu ça ! Je suis bien, ma Garmin m’indique 2’/100m pourtant à la sortie à l’australienne au bout de 2.4 km je suis en 54’30s… Forcément j’ai déjà nagé 2.7 km…je me suis pourtant bien forcé à sortir la tête de l’eau pour m’orienter en vain apparemment. Je sors de l’eau en 1h25’ (plutôt dans la fourchette basse de mes ambitions). La transition se fait bien en 7’.
C’est parti on enfourche le vélo. Au début l’impression de pas avoir de jambe, de souffrir mais le vélo avance quand même à une allure honorable alors continuons et on verra bien. Au bout d’une heure de course, la vue d’un coureur sur le bas côté dans une descente, inconscient le visage en sang avec de nombreux secours qui s’affolent autour de lui fait froid dans le dos (on apprendra son décès quelques heures plus tard)…ça fait relativiser 12h, 13h, 15h quelle importance, ça reste un sport et du plaisir. Forcément on a plus tendance à lever le pied dans les descentes qui de toute façon ne permettent pas à mon avis d’y envoyer : difficile de voir ce qui a derrière les virages, il est indiqué peu clairement si la circulation en face est fermée, routes étroites, bref ce n’est pas la descente du Ballon d’Alsace ou du Ventoux. Pour ce qui est des montées, elles ne sont pas faciles mais ont le mérite d’être relativement régulières. Ce ne sont pas non plus les plus pentues qu’on ait connues mais 20 km pour le Col de l’Ecre ç’est tout de même long et au final on a l’impression que les pentes sont plus fortes qu’elles ne le sont réellement. Je double beaucoup de monde dans les montées mais me fait beaucoup rattraper dans les descentes… Tout le long du parcours les paysages de l’arrière pays sont vraiment très beaux. Même si en altitude la brume empêche de voir le paysage mais au moins on n’a pas souffert de la chaleur sur le vélo…Bon par contre niveau alimentation ça ne s’est pas arrangé, après 2 barres je suis vraiment en vrac, je ne trouve pas de position sur le vélo qui ne me fasse pas mal au bide…Qu’est ce que ça va être pour la cap ! Après l’abandon de l’alimentation par les barres et le retour aux traditionnelles bananes puis le jambon fromage lors du ravito perso ça ira mieux. Je me réalimente la dernière heure du vélo par des gels qui passeront bien, c’est la fin des mes ennuis gastriques ouf ! Et bien nous revoilà déjà à l’aéroport, et le vélo se fini en 6h20. Sentiment mitigé, content car je pensais plutôt me situer entre 6h45 et 7h, par contre j’ai l’impression d’être déjà un peu entamé au niveau des jambes tout en me disant que j’aurai pu (du ?) envoyer un peu plus sur le vélo (si seulement j’avais eu Eric pour me crier dessus « Allez raccroche mais mouline bordel ! »...).
Et bien voilà c’est parti pour un marathon. On va enfin voir ce que c’est un marathon puisque j’en n’ai jamais fait…Au bout de quelques secondes je croise Van Lierde qui lui en fini de sa course…Le premier aller jusqu’à l’aéroport se fait sur des bases de 4’45 pkm. J’applique à la lettre les conseils de Philippe : « ne passe pas sous les douches t’auras les pieds trempés par contre à chaque ravito un verre d’eau sur la tête ». J’ajouterai également un verre de boisson énergétique dans le gosier à chaque ravito et un gel toutes les demi-heures (gels par ailleurs impossibles à ouvrir, le contenu d’un finira dans mon œil, ça brûle). Je croise les différents UASG, je doublerai plus tard Philippe, Romain et Damien (le frère de Flo) mais sûrement à des ravitos car je ne les ai pas vu lorsque je les ai doublés). Le premier tour se termine sur des bases de 4’50s pkm. Etant donné que je n’ai pas de douleur et que la foulée et bonne je me dis que les 4h au marathon et les 12h à l’IM sont jouables, en s’arrachant. Le deuxième tour se passe bien je reste dans le même rythme, 1h40’ au semi. Aller j’adapte mon objectif, le marathon en moins de 3h30’. Le troisième tour est plus compliqué, le rythme se ralentit à la fin de ce tour, mais ce n’est pas le moment lâcher. Rien que sonner la cloche du dernier tour est une motivation supplémentaire et redonne du carburant pour au moins 1’30s… ;-) tout comme les « allez Fabrice » de personnes qu’on connait (ma femme, Lorraine la compagne de Romain) ou connait pas. Le dernier tour est un mélange de souffrance, de joie, de se remémorer comment on en est arrivé là : se lever des samedis à 6h30 pour aller rouler, le samedi du stage sous la flotte, congelé…Voilà on y est le dernier demi tour à l’aéroport le chrono est bon je tourne à 5’05s depuis 7-8 kms, suffisant, pour rester sur les bases fixées. Il reste 2 kms, en profiter, surtout en profiter la ligne d’arrivée approche. Ça y est on y est ! Le marathon se finit en 3h25 et l’IM en 11h26.
I’m an Ironman !
Inimaginable lorsque je me suis inscrit il y a un peu plus de 2 ans au triathlon de Paris (que je ne terminerai pas suite à une double crevaison) alors que je ne connaissais même pas la longueur d’une piscine, le nombre de plateaux sur un vélo ni ce que voulait dire fractionner.
Un debrief rapide après la ligne d’arrivée avec Philippe, les frères Labry puis avec Emmanuel croisé un peu plus tard dans le Vieux Nice une glace à la main, avec juste une idée dans le coin de ma tête on remet ça ?!?
Un dernier commentaire pour finir c’est que le triathlon a beau être un sport individuel et qu’il est vrai que la plus grande partie des entraînements (en tout cas pour ma part) se passe seule mais la progression et les moments marquants se fait finalement dans les moments collectifs. Je n’aurai jamais pu réaliser cet Ironman sans avoir fait le stage dans le Ventoux cet hiver…euh ce printemps avec une sacré bande de gars compréhensifs envers les gars comme moi qui roulent moins bien qu’eux et pas avares en conseils très utiles, ou sans les sorties dans le Vexin en groupe à en baver (pour ma part) dans la bonne humeur toujours. Et puis être sur les compétitions à plusieurs comme ça a été le cas à Belfort ou à Nice c’est quand même vachement plus sympa que d’aller faire une compétition seule que ce soit avant la course, pendant la course quand on se croise ou après la course. Même si ce sport est individuel le faire collectivement c’est top!

A+
Fabrice

6 commentaires:

  1. Super ton CR ! Quelle belle performance tu réalises là. Bravo et a bientôt pour de nouvelles aventures

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  2. Fabrice a déjà fait un super CR, je serai donc plus bref.
    Il s’agissait pour moi de mon troisième IM, avec donc pas mal d’objectifs (battre mon frère :), rivaliser avec les autres UASG, breaker la barre des 11h, ..). La course s’est déroulée assez conformément à mes prévisions avec une natation en 1h10 (jamais vu autant de baston à un départ de triathlon, il faut être bien réveillé à 6h30 du mat.. !), un vélo assez moyen en 5h56 (la vision du concurrent inanimé sur le bord de la route au 50ème km a sérieusement ralenti mes ardeurs de descendeur, déjà extrêmement faibles en temps normal) et un marathon en 3h38 où je fais une erreur (de débutant) en m’hydratant mal sur le premier semi et en le payant très (mais vraiment très) cher sur le deuxième semi. Au final, 10h54 et une grosse émotion à l’arrivée (mais presque 100 places de perdues au scratch par rapport à l’année dernière alors que j’améliore mon chrono de 20mn !)
    Quelques souvenirs en vrac :
    - Une triple crevaison (pour 3 raisons différentes !) entre 17h30 et 18h30 la veille de la course, juste avant d’aller ranger mon vélo dans le parc.. Mais heureusement pas de crevaison le jour J !!
    - Un concurrent avec un seul bras (surement un requin qui passait par là :) ) qui nage quasiment aussi vite que moi
    - Un concurrent qui termine le vélo sur un vélib (!!). Je vous rassure, ce concurrent avait quand même 2 bras..
    - Fred Van Lierde qui me double dans son dernier km pour terminer en 8h08 (record de l’épreuve). Les belges avaient visiblement les bons produits dans le frigo cette année…
    - Un très gros niveau chez les UASG, avec 4 sub11, un marathon en 3h25 pour Fabrice, un n-ième IM pour les multi-ironmen Philippe et Romain. Dommage que Vincent ait été terrassé pas une hypo, il avait pourtant fait le plus dur..

    Et comme l’a bien dit Fabrice, cette perf n’aurait jamais pu être possible sans les entrainements avec vous tous : les séances de piscine avec Guillaume, David, Bertrand,.. Les sorties vélo à s’accrocher dans les roues d’Eric, d’Emmanuel, de Guillaume et des cyclos,.. le stage au Ventoux bien sur, le half de Belfort aussi!

    Ah oui, dernière chose, beaucoup d’entre vous ont couru leur premier half cette année à Belfort. Si depuis quelques mois, vos nuits sont traversées par des visions de finishline avec un M rouge au dessus, ne réfléchissez pas trop, foncez !

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  3. Bravo les gars, good job ! Vous avez fait de super perfs !
    Ca donne envie d'y retourner :)

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  4. Excellent CR. Eh oui à peine terminé et la glace savourée, on se pose la question "à quand la prochaine fois" ... Les tri sont vraiment des mazos !!

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  5. Hello,
    Pour ma part, c'était l'un des plus beaux jours de ma vie... J'avais la chance d'avoir mes amis tout au long de la course et j'ai vraiment senti pouvoir partager ma course avec eux (une vingtaine de personnes avec banderoles, graphes sur la route, mégaphones, un poussin géant, etc...).
    J'ai tenté tant bien que mal à ne pas me mettre la pression avant le départ ; j'ai fait quelques pas de danse avec les pompoms girls pour me décontracter. Une fois lancé et quelques coups (dont un bel enchainement : gauche / droite / droite en 10 sec), je trouve mon rythme. Je checke mon chrono au premier lap (5 min d'avance) et reste dans ce rythme...
    Sur le vélo, je mets mon clignotant à gauche. En montée, je sais que j'ai un bon rendement alors je m'applique sur les 60 premiers kilos. Dans toutes les côtes je voyais les tags "Allez Jéjé"... Arrivée au sommet du col de l'ecre, je pense à rester concentré et ne rien lâcher. Au 120km, mes amis sont là et mettent l'ambiance, ça me relance jusqu'à la fin.
    Je démarre la CAP un peu rapidement (4min50 au kilo), je sens après 3km que ça ne passera pas à ce rythme. Je ralentis, admire le bord de mer, remercie les supporters et surtout je profite de cette course que j'attendais tellement... A chaque tour mon allure est plus lente mais je garde les yeux sur le compteur et sais que la barre des 11h est réalisable !! Sur le quatrième tour, je ne fais que de rêver à la finish line... Elle arrivera finalement assez vite, je souhaitai profiter plus sur les derniers mètres mais j'étais tellement impatient de franchir la ligne que je me suis à peine arrêter pour remercier mes amis...!
    Bref une journée plus que merveilleuse.
    Au niveau des temps, j'ai perdu ma puce en natation du coup c'est incertain : nat = 1h12 ; T1+Vélo+T2 = 5h40 ; Cap = 3h58.
    La soirée se finira un peu plus mal : je me suis fait braquer la voiture avec le Vélo, mes papiers et pas mal d'affaires. Je relative et me dis que personne ne pourra me voler le fait que depuis le 23 juin 2013 je suis un Ironman !!
    A+
    Jéjé

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  6. Fabrice : 3H25 au marathon, c'est ce qui s'appelle une belle entrée en matière, chapeau !
    En se concentrant un peu plus sur la nat et le vélo, l'année prochaine, tu vas pulvériser tes temps.
    QUi dis moins de temps sur en nat et en vélo, dis plus de "glycogènes" pour la cap donc ton 3H25 se transformera en 3 H 10.
    Bonne récup et encore bravo
    David

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